• Papy, ça sert à quoi ?

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    Chaque année, à l'occasion du  Nouvel an, mon ami Jean-Marie Kreusch rédige un petit conte qu'il me transmet. Comme les fois précédentes, je ne peux m'empêcher de vous le donner à lire. Je pense que mon ami aurait pu intituler son texte "Initiation à la Vie". 

    J’étais installé confortablement dans mon fauteuil, tournant lentement les pages de mon journal qui parfois s’échappait de mes doigts, mon esprit somnolant. 

    Une petite menotte prit, doucement, ma main.

    « Dis Papy, dis papy… »

    « Oui mon petit bonhomme… »

    « Non ! »

    « Qu’y a-t-il ? » 

    « Papy arrête de faire des blagues. Je ne suis pas un bonhomme, je suis un enfant. »

    Ses cheveux bouclés et le regard de l’innocence, sa gentillesse, son esprit vif mais candide, il ne pouvait en être autrement.

    « Alors que veux-tu ? »

    « A quoi ça sert d’être ici, qu’il y a des hommes ? »

    Le journal s’échappa de mes mains, la TV  allait rediffuser un match que je n’avais pu regarder la veille. Sur la tablette, devant moi, un café entamé et refroidi car dégusté entre deux plongées dans des songes réparateurs. Cruelle solitude de l’adulte coincé dans ses certitudes, sans réponse devant le naturel des enfants. La pluie battait le carreau et l’hiver n’était pas loin. Heureusement le thermostat fonctionnait à nouveau.

    « Attends, je vais couper le son de la télévision et mettre sur pose, puis me resservir une tasse, et puis on parle. »

    La stratégie pour gagner un peu de temps, afin de concevoir une réponse, semblait fonctionner. Mon petit bonhomme restait là, attendant la vérité. Les Papys détiennent souvent la vérité, capable d’éclairer la vie. Certains les comparent même à Dieu.

    J’avais déjà entendu quelque chose qui ressemblait à cette question. Cherchant une réponse, je tentais également de m’engouffrer dans le passé pour retrouver l’origine de cette impression. Pris pas ces pensées, je ne vis pas le temps défiler. Celui-ci me replongea dans un demi-sommeil, m’entrainant dans une autre dimension…

    ***

    « Dis papa, réveille-toi… Allez réveille-toi ! »

    « Oups, mon petit bout de chique, je me suis rendormi. »

    Elle s’était assise sur le bras du fauteuil, le regard perçant mais affectueux, comme elle savait l’avoir. Sa main serrait la mienne. Très fort ! Pas question de fuir, la question reviendrait. D’un air décidé, avec un sourire enjôleur, qui vous emprisonne dans les yeux de celui qui le produit, elle me le répéta d’ailleurs.

    « A quoi sert qu’on est là et de vivre, alors que tout le monde doit mourir ? »

    Dehors un soleil radieux illuminait le jardin.

    Que répondre à un enfant qui vous renvoie la vie comme elle est ?

    « Allez papa raconte-moi comme tu nous racontes les histoires… »

    « Mon verre est vide, lui dis-je, et toi tu veux un jus d’orange ? »

    Je me dirigeai dans la cuisine attenante à la terrasse.

    « J’arrive, le temps de presser tes oranges. »

    Les grands savent tout. Il suffit de s’adresser à eux. Et un papa, à défaut de l’institutrice, c’est encore mieux que tout.

    Dans ces moments, n’importe quel subterfuge est bon. On voudrait parfois n’être plus là, être seul, passer dans un autre temps, dans un autre monde…

    ***

    Plus moyen d’échapper, la tasse de café à la main je franchis la porte du salon.

    Il m’attendait calmement, certain d’obtenir une réponse à sa question existentielle.

    « Ha, te voilà ! Alors Papy ? »

    Par où commencer et lui raconter l’inexplicable, l’histoire du monde en une seule réponse.

    Mais je savais tout, et il fallait répondre.

    « Tu sais bonhomme, enfin l’enfant…  Tu n’étais pas encore né, mais avant toi, d’autres enfants m’ont posé la même question et je me suis aussi demandé ce que j’allais leur répondre. Et puis moi aussi, quand j’étais petit, je me suis interrogé comme toi. Je me souviens du lieu, des perruches qui chantaient dans le grand living, des papiers crêpons qui enjolivaient les cache-pots verdâtres de hautes plantes dont les feuilles masquaient un cadre placé de travers, du poêle à charbon qui réchauffait les corps et brûlait les cœurs. »

    Il m’écoutait avec attention, lisant sur les lèvres. Bercé par la mélodie du verbe, il scrutait mon regard tentant de le capturer.  

    « Avec les grands de mon enfance, nous avons continué à parler des minutes et des minutes, des jours et des jours, des années et des années. Nous partagions le livre de la vie tournant, eux puis moi, les pages une à une s’arrêtant à chaque détail qui construit l’histoire de chacun. »

    « C’est comme ça qu’on grandit, Papy ? » 

    Il pouvait maintenant comprendre ce qui est incompréhensible. Le secret du grand chemin entre printemps, été, automne et hiver.

    « Le paysage change et l’ambiance tout aussi affectueuse se colore autrement, bonhomme. »

    « Bon ça va parce que c’est toi, tu peux m’appeler bonhomme si tu veux. Mais pas devant les autres… »

    « Tu vois finalement je ne suis pas Dieu. En fait à ta question, je ne peux pas répondre avec certitude. J’ai mon idée et vais te la donner mais tu construiras la tienne. En te disant cela je te réponds déjà. Qu’y a-t-il d’autre que de transmettre, à ceux qu’on aime, ce que l’on  sait, ce que l’on ne sait pas, l’amour, la connaissance ? Qu’y a-t-il d’autre que de permettre de comprendre ce qui est bien, le respect de soi, des autres et de la nature, ou encore la fraternité, que de savoir que l’on se sent bien quand on transmet cela aux plus petits… »

    Un silence se fit. Il me fixait droit dans les yeux.

    « Un jour cela t’appartiendra.. »

    Il avait deviné le sous-entendu mais voulut me l’entendre dire.

    « Un jour c’est toi qui devras écouter les questions et tenter d’y répondre en expliquant à ton tour qu’on n’a pas toutes les réponses, et que finalement ce n’est pas si grave, que le plus important est d’être là à côté des autres, avec eux, de les aider et d’accepter leur aide. »

    Ses yeux pétillaient, il me regarda contrôler une larme, se pencha vers moi et m’embrassa.

    « Je t’aime bien Papy. Bonne année 2018, Papy. »

    Il tourna les talons. Puis revint vers moi.

    « Dis Papy, j’ai encore une question… »

    « Ah non tu ne vas pas recommencer ! »

    « Si, puisque tu m’as appris qu’il fallait le faire. »

    « Bon, OK. »

    « Pour le réveillon, elle revient quand avec les glaces, Nannie ? »

    Merci Jean-Marie.

  • Visé : Les Jeudis Citoyens

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    Lors de la soirée des "Jeudis Citoyens" de ce jeudi 18 janvier, aura lieu la remise du Prix de la Citoyenneté de la Ville de Visé aux lauréats 2017.

    Cet événement se déroulera à la Salle du Forum de l'Athénée Royal de Visé (rue du Gollet, 2 4600 Visé) à 19h30.
    Il sera suivi de la conférence donnée par Monsieur De Bruyn sur le thème "Objectif Zéro Déchet".

  • Visé : l'auteur de l'incendie volontaire de la rue de Dalhem a été interpellé

    L’incendie a eu lieu dans la nuit du 10 au 11 janvier dernier, vers 2 heures du matin, dans une résidence de la rue de Dalhem, à Visé, dans laquelle vivent 18 personnes.

    d-20180111-3JZKJF 2018-01-11 16:24:00

    À leur arrivée, les pompiers ont dû faire face à plusieurs foyers dans un des appartements et également dans le garage de la résidence. L’appartement en question est complètement détruit, tandis que la résidence a souffert des dégagements de fumée. On déplore également une victime, intoxiquée, qui a été emmenée à l’hôpital. Un bilan heureusement assez léger puisqu’un expert descendu sur place a estimé que l’incendie aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

    Incendie volontaire

    Très vite, le locataire de l’appartement sinistré a été soupçonné d’y avoir mis le feu intentionnellement. Jean-Marc, 53 ans, est en effet en conflit avec plusieurs résidents de l’immeuble, et également avec le propriétaire de son logement. De surcroît, il semblerait que le quinquagénaire est dépressif depuis la perte de son emploi…

    d-20180111-3JZKJG 2018-01-11 16:23:46

    L’homme n’était pas dans son appartement lorsque les pompiers et la police sont intervenus. Et il était introuvable depuis la nuit de mercredi à jeudi.

    Il a finalement été retrouvé ce vendredi dans les environs du barrage de la Gileppe (Jalhay). Le quinquagénaire, qui avait également mis le feu à son véhicule, a reconnu les faits. Il explique les raisons de son acte par les conflits qu’il connaît avec son voisinage et son propriétaire. Il a également expliqué qu’il s’était rendu au barrage de la Gileppe avec l’intention de mettre fin à ses jours, précisant qu’il « attendait de mourir par hypothermie ».

    Jean-Marc a été privé de liberté et déféré au parquet de Liège ce samedi matin. Son dossier a été placé à l’instruction avec une demande de mandat d’arrêt pour incendie volontaire avec circonstances aggravantes, les faits s’étant déroulé pendant la nuit dans un immeuble dans lequel se trouvaient de nombreuses personnes.

    Texte Romain Cammereri   Photos Thomas Van Ass