Le billet du C.A.L - Page 3

  • Le cri de la Chouette

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  • Le Cri de la Chouette

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    Joyeux Noël laïque

    Noël est à l'origine une cérémonie païenne celte, célébrant le solstice d'hiver : la fête d'Yule. Mais il existe aussi plusieurs autres origines.

    La fête d’Yule était célébrée le 21 décembre (solstice d'hiver). Cette fête glorifiait la renaissance du Soleil Invaincu (Sol Invictus) : les jours recommencent à croître et par extension marquent le début d'une nouvelle vie.

    La fête de Noël a été accaparée et dénaturée de son sens par l’Église catholique.

    Le mot Noël vient du latin, de la contraction des mots Natalis dies (jour de naissance) et a donné le nom nativité et le prénom Nathalie.

    Déjà avant cette fête d’Yule, Rome et les Celtes célébraient le culte de Mithra, divinité perse de la lumière.

    La date du 25 décembre a d’abord été choisie par un empereur romain. Les chrétiens, eux fêtaient la naissance de Jésus le 6 janvier mais il y a toujours polémique sur la date réelle, qui devrait se situer aux alentours du 25 mars ou du 18 avril en se basant sur la période de l'agnelage (les brebis ne sont jamais emmenées aux pâturages en plein hiver). Ce n’est qu’au 4ème siècle que l’on déplacera la date, afin d’éradiquer le plus possible les fêtes païennes.

    La célébration festive de Noël ne se limitait pas à cette seule journée. Il faut plutôt parler d’un cycle de Noël : la période qui encadrait le solstice d’hiver était fêtée dans toute l’Europe depuis des millénaires. Les Saturnales romaines couvraient ainsi douze jours, depuis le 25 décembre, jour de la renaissance de Sol Invictus, jusqu’au 6 janvier. On échangeait à cette occasion des cadeaux au cours de banquets nocturnes. Et ces manifestations joyeuses avaient leur équivalent chez les Celtes, les Germains, les Slaves...

    Les symboles de Noël sont pour la plupart païens : la bûche de Noël est en réalité une bûche de chêne et, dans les temps anciens, elle était conservée tout au long de l'année dans un endroit sacré car elle représente le feu sacré, la lumière de la Terre.

    La bûche traditionnelle devait brûler pendant 12 heures pour porter chance. Maintenant que bien des maisons n'ont plus de foyer pour brûler la bûche, celle-ci prend place sur la table, sous forme de gâteau roulé.

    Le symbole de la bûche a aussi évolué vers l'arbre de Noël, sur lequel on plaçait des bougies allumées plutôt que de le brûler. Les protestants clament que Martin Luther inventa cette tradition et les catholiques affirment que c'est Saint-Boniface, mais la coutume existait déjà au temps des Saturnales romaines et même dans l'ancienne Égypte.

    Noël a donc été christianisé mais c’est une bien veille coutume ancestrale. Perpétuant l’esprit festif de départ, je vous souhaite un très JOYEUX NOËL et un long cycle de fêtes.

    Jean Joris
    Administrateur

  • Le Cri de la Chouette

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    Au revoir et merci Madame VEIL

    Juste avant la période insouciante des vacances, une grande Dame de la politique française et européenne nous a quittés. Madame Simone Veil, née Jacob, rescapée de la Shoah, ministre de plusieurs gouvernements français de 1974 à 1995.

    Elle renâcle à s’inscrire dans un parti politique, son vécu la pousse à se focaliser sur la paix et le bien-être de l’humanité en s’appuyant sur sa profonde laïcité. Européenne convaincue, elle présidera le parlement de Strasbourg. A une époque où le sort des femmes est encore largement perfectible, elle est féministe convaincue. Elle marquera l’histoire par « la loi Veil » qui n’est autre que « la loi  sur l’IVG ». Depuis 1974, l’interruption volontaire de grossesse relève de l’entière responsabilité de la mère et sera pratiquée dans des établissements spécialisés, par du personnel qualifié.

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    C’est la fin des avortements clandestins, des méthodes douteuses, dangereuses, des séquelles irréversibles, du nombre important de décès des mères suite à l’acte, mais aussi la fin de la honte et de la solitude face à ces situations de détresse. Toutes les femmes pourront recourir à cette intervention et plus seulement celles issues des classes les plus aisées.

    Elle reconnaîtra que «  l’avortement est toujours un drame et restera un toujours un drame ». Par contre c’est une solution réaliste, humaine et juste pour la pleine responsabilité de la femme. Les femmes sont libres de disposer de leur corps et toutes les futures naissances seront désirées.

    C’est une des plus importantes avancée humaine du XXe siècle. La plupart des pays européens ont maintenant légalisé ou dépénalisé l’avortement (seuls l’Irlande, la Pologne, Malte et Chypre n’ont pas à ce jour légalisé l’IVG). Le parlement européen par la résolution du 3 juillet 2002 recommande aux états membre de légaliser l’avortement.

    Et pourtant, danger !!!

    43 ans après cette évolution, les mouvements contre l’IVG sont de plus en plus présents. On constate le plus souvent une influence religieuse dans ces organisations. Les conservateurs, les bien-pensants et les puritains ressortent les manifestations, les marches et leurs slogans qui pour la plupart parlent de l’embryon et pratiquement jamais de la mère.

    La Laïcité ne doit pas craindre ces menaces de revirements. Ses méthodes de travail ont l’avantage de la liberté d’esprit et du libre arbitre ce qui lui permet un plus large domaine de réflexion sans limitation et orientation dogmatique. Toutefois, les mouvements laïques doivent  rester en éveil pour mettre en place de quoi éviter un retour au XIXe siècle pour nos filles et épouses.

    Madame VEIL ne nous le pardonnerait pas !

    Le C A de Laïcité Visé/Basse-Meuse

     

  • Le Cri de la Chouette

     

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    Laïcité et Religions

     

    Vous vous demandez peut-être pourquoi un mot au pluriel et un mot au singulier ?

    Nous connaissons tous l'existence de nombreuses religions, en particulier les trois religions monothéistes : catholique, juive et islamique. Chacune affirme détenir la vraie foi dans le vrai dieu. Et chacune est ou a été en guerre contre les autres et connaît ou a connu des guerres intestines.

    Dans notre jeunesse, au cours d'histoire, nous avons tous entendu parler des guerres de religion (catholiques, de 1562 à 1598), du massacre des Juifs (pas seulement par l'Allemagne nazie), et encore de nos jours nous assistons aux attentats islamistes.

    J'avoue mon ignorance concernant le culte judaïque, mais nous savons tous que christianisme et islam nourrissent de nombreuses interprétations et dissidences. D'un point de vue laïque, c'est parfaitement cohérent : chacun a droit à ses opinions, à les affirmer, à les défendre. Nous laïques saluons donc l'existence de diverses tendances, avec une seule restriction cependant : nous désapprouvons totalement le rejet par chaque croyance de toutes les autres et, de ce fait, la transformation de croyances en obédiences - ce qui signifie clairement "ce à quoi il faut obéir". Ce qui permet de s'attaquer à tout qui pense, réfléchit, ressent les choses différemment.

    Les religions sont donc multiples et méritent largement le pluriel. La laïcité mérite-t-elle le singulier ?

    Pour la fréquenter régulièrement, je peux vous certifier que la laïcité héberge des avis divergents et que ses membres défendent des visions du monde parfois contradictoires. Mais ils ont un point commun : ils acceptent la controverse, les différences, cela même qui nourrit la discussion et le progrès humain en cherchant à résoudre les problèmes - inévitables dans la société, tant dans sa gestion que dans son quotidien.

    Nous vivons donc dans un monde caractérisé par l'existence - je n'oserais pas écrire 'la coexistence', qui sous-entend une acceptation mutuelle - de religions. Elles forment des entités fermées, antagonistes, qui depuis toujours cherchent à imposer leur vision et provoquent voire créent volontairement des conflits souvent sanglants.

    Au vu de ce monde sectaire et intransigeant, des gens ont réfléchi et accepté d'ouvrir la porte aux discussions, aux échanges d'avis. C'est ainsi qu'est né le mouvement laïque, indépendant de tout dogme : une entité ouverte qui ne rejette aucune opinion (religieuse ou autre) pour autant qu'elle-même reste ouverte aux autres opinions. Nous laïques organisés privilégions une communauté d'êtres humains qui ouvrent leur cœur et leur esprit et qui acceptent le libre arbitre de tout un chacun, sans dogme ou préjugé quelconque.

    Contrairement à une idée répandue, la laïcité n'est pas l'ennemie des croyances et des religions, mais elle ne peut accepter que croyances et opinions soient imposées.

    Le seul ennemi que combat la laïcité organisée, c'est la fermeture aux autres, le renfermement sur soi, la volonté de soumettre tous les autres à ses propres opinions ; en un mot : le(s) fanatisme(s).

     

    Pour la Laïcité Visé/Basse-Meuse

    Guy Michaux, administrateur