Le billet du C.A.L

  • Le Cri de la Chouette

    537670_10200234389315971_138606630_n.jpg

    Le voile symbole de féminisme ? 

     

    « DISPARITION »  due à l'artiste yémenite Bouchra Almutawakel

    L’Islam est une religion en expansion numérique et géographique et non en déclin, une religion qui est vue comme coupée des réalisations culturelles de la modernité, fermée au doute et à l’esprit de recherche, réfractaire à la séparation du politique et du religieux. L’Islam s’implante en terre d’Europe et crée des peurs exacerbées, menant à de l’islamophobie et de nouvelles croisades, notamment contre le port du foulard.

    Du simple foulard couvrant la tête mais gardant le visage visible, le hijab, en passant par le niqab qui ne laisse que voir les yeux, le tchadri ou burqa, voile porté par les femmes afghanes recouvrant l’intégralité du corps, jusqu'au tchador, le voile porté par les femmes en Iran, qui ne cache pas le visage, les manières de porter le voile sont multiples. Le problème vient du fait que ce n’est pas un simple accessoire mais un symbole prosélytique principalement dans les milieux salafistes.

    Le foulard est donc aussi un symbole revendiqué d’émancipation féminine, qui est réclamée par certaines face à la fragilisation de l’identité individuelle, dans une société en perte de repères.

    Les enquêtes montrent que parmi les jeunes filles voilées, il y en a plus qu’on ne croit qui le font dans un souci d’affirmation de soi et non de conformité. Pour elles, le voile est, dans le cadre d’un code spécifique, un signe de modernité et non de tradition, le signe d’une dignité revendiquée et non d’une dignité bafouée.

    Les laïques ne devraient-ils pas tenir compte aussi de ces réalités ?

    La laïcité prône l’égalité des droits des sexes, l’absence de tout dogme, la liberté de penser et de pratiquer le libre examen. Alors, bien sûr, nous devons être tolérants, mais si une seule femme porte le voile non par choix mais par obligation — qu’elle soit sociétale ou autre — nous sommes complices d’un processus avilissant la femme.

    Il est à remarquer que les lois qui obligent à porter le voile viennent d’états pétroliers, théocratiques et autoritaires. Chez nous, le communautarisme a vite fait de nous taxer de racistes (rappelons qu’il n’existe que la race humaine et des ethnies différentes) et d’intolérants parce que nous, les laïques, ne respecterions pas les convictions religieuses ; il est alors tentant, face aux levées de bouclier et au poids politique que représentent ces « communautés », de parler d’accommodements raisonnables et de laisser tomber en attendant que les musulmans règlent ça entre eux.

    Ce n’est pas « raciste » que de lutter pied à pied pour que l’égalité hommes-femmes ne soit jamais sacrifiée sur l’autel de la « tolérance », du communautarisme ou du respect des convictions religieuses.

    Ce n’est pas intolérant d’être attentifs au recul que constituerait, pour tous et pour toutes, le retour à un obscurantisme religieux prôné par les éléments les plus radicaux de l’Islam, dont l’obsession première est le contrôle du corps des femmes.

    Le voile n’est pas un symbole de libération féministe, il ne doit pas servir de support prosélytique dans les institutions publiques — qui doivent rester neutres ; il ne doit pas non plus être un objet de stigmatisation pour la femme qui choisit de le porter librement dans la sphère privée sans en faire un outil de propagande.

    Mohammed Tantaoui, Grand Mufti de la Dar al-Ifta al-Misriyyah, célèbre centre de recherches islamiques créé en 1895, déclare :
    « Le niqab n'est pas une obligation religieuse mais une simple pratique coutumière. »

    Je suis donc POUR le droit de porter le voile mais CONTRE le fait de l’autoriser dans les institutions qui doivent rester NEUTRES.

    Jean Joris,
    administrateur

  • Le billet du C.A.L. Basse-Meuse

    thumbnail_CriChouetteCouleur[10348].jpg

     « L'après-midi sera courte »

    Plaidoyer pour le droit à l'euthanasie

    Par Nadia Geerts agrégée en philosophie.

    thumbnail_OK_Opinion_Geerts2.jpg

    Au départ de l’expérience de la mort choisie de sa maman, elle explore dans son livre les différentes facettes de l’euthanasie. Car il ne s’agit pas seulement d’apprendre à mourir, mais aussi et peut-être surtout d’apprendre à faire mourir et à laisser mourir, et ce afin de garantir à chacun, dans des conditions d’égalité, la jouissance de la liberté de conscience en matière de vie et de mort.

    « Tout est bien » : telle était ma conviction profonde en accompagnant Maman dans sa demande d’euthanasie. Tout est bien quand la loi, comme en Belgique, reconnaît aux individus le droit de disposer de leur vie, jusqu’ à y mettre fin. Car pourquoi notre vie devrait-elle être sacrée ? Il y a derrière la question de l’euthanasie un véritable enjeu de liberté individuelle, et donc de laïcité. C’est sous cet angle qu’il faut examiner le rôle du médecin : ni simple exécutant, ni volonté se substituant au malade, il s’agit de la main amie qui permet l’accomplissement de la volonté mûrement réfléchie et clairement exprimée de son patient, et ce dans des conditions de dignité.

    La mort est inexorable, soudaine et imprévisible. Elle nous enlève nos parents, nos enfants, nos amis. Elle est impitoyable à nos regrets, inattentive à nos larmes les plus amères. Pourtant nous y sommes habitués, la perte qu’elle soit soudaine ou après une « une longue maladie » fait partie de notre vie, les cérémonies qu’elles soient laïques ou religieuses permettent de faire son deuil. Cette mort inéluctable survient sans que l’on puisse vraiment y faire grand-chose.

    L’Euthanasie c’est autre chose, c’est une mort donnée, c’est une mort voulue et c’est bien différent d’un suicide. Comment se comporter face à ce choix, comment l’accepter, l’accompagner, ne pas se sentir coupable, plein d’autres questions vous trottinent surement encore en tête. Venez en débattre avec nous.

    Quand ? Le jeudi26 septembre 2019 à 20h. (entrée gratuite)

    Où ? Salle polyvalente des Tréteaux ,Rue de la Chinstrée4600 Visé

    Renseignement : 0477 78 34 79 ou laicité.vise@gmail.com

     

    JORIS Jean - Administrateur de la Maison de la Laïcité.

  • La Maison de la Laïcité vous invite

    thumbnail_litterature-lumieresPS.jpg

    La Maison de la Laïcité de Visé asbl et Culture et Action Laïque de la Basse-Meuse vous invitent à la conférence : 

    De la Lumière aux Lumières ou de la Naissance à la Renaissance.

     

    Par Jacques GLAUDE, Licencié en psychologie clinique et neuropsychologie (ULIEGE 1970).

    Un exposé axé sur le transfert du rôle vital de la Lumière physique dans le développement de l’individu vers l’importance tout aussi vitale de la Pensée des Lumières dans l’avènement de nos sociétés démocratiques

    La lumière est un symbole pour l’Homme dès le début, ne dit-on pas que l’enfant voit le jour et c’est la NAISSANCE ; ce n’est pas que symbolique d’un point de vue physiologique et psychologique : les stimuli lumineux jouent un rôle primordial dans le développement de l’être humain et c’est encore accentué de nos jours puisque la lumière prend une place de plus en plus importante dans notre société basée sur l’image (Presse, TV, Numérique,etc.).

    Cette symbolique de la lumière a aussi été utilisée de manière spirituelle, d’abord déiste avec Ra, puis Zeus, Jupiter, Dieu, Allah, etc. La lumière divine est censée éclairer les hommes mais pas que… Après tout, le flambeau de la laïcité représente aussi la lumière, mais qui éclaire les consciences…

    Cette modification de la conscience, apparue à la fin du moyen-âge, fut appelée La Re-naissance et constitue donc le berceau d’un mouvement de pensée humaniste et non plus théiste, dans la mesure où les œuvres de cette époque ne s'inspirent plus du Moyen Âge chrétien mais de l'art gréco-romain. Au 16e siècle, le référentiel de la marche de l’Univers sera désormais L’HOMME et non plus DIEU, L’apogée de ce mouvement est appelée le siècle des lumières.

    Kant, Voltaire, Diderot, Montesquieu, Louis XVI (qui prête serment devant la constitution et non devant Dieu), Rousseau, …. La RENAISSANCE apporta un nouveau regard sur le monde ; l’esprit des lumières est le moteur de la démocratie.

    En conclusion, la philosophie des Lumières est un principe actif, symbole de la liberté d’apprendre, de critiquer et surtout de diffuser (« L’Encyclopédie de Diderot et de d’Alembert ») et sera, par-là, à l’origine de la rédaction des « Droits de l’Homme et du Citoyen » en 1789.

    À l’heure où l’obscurantisme revient en force, il est important de rappeler tout ceci. Venez-vous « éclairer » et discuter avec nous : le travail effectué en vue d’éclairer l’humanité est toujours à recommencer.

    Quand ? Le mardi 30/04/2019 à 20h.

    Où ? Salle Fricaud-Delhez, rue de la Station 54 à 4670 Blegny à 20h Renseignement : 0477 78 34 79 ou laicité.vise@gmail.com

     

    JORIS Jean - Administrateur de la Maison de la Laïcité.

  • Le bulletin trimestriel de la Maison de la Laïcité est sorti

    fullsizeoutput_cf2.jpeg

     

    Pour les lecteurs intéressés, l'entièreté du bulletin est disponible sur le site www.laicitevise.be

     

  • Le billet du C.A.L : "Les femmes : une longue marche vers la dignité et l'égalité"

    FDR boite 5271j planche 004 nég15a 1966.jpg

    Photo : Prov. Liège

    La Maison de la Laïcité de Visé asbl et Culture et Action Laïque de la Basse-Meuse vous invitent à la conférence : « Les femmes : une longue marche vers la dignité et l’égalité » Par Monsieur Henri DELEERSNIDER, Professeur d’histoire, licencié-agrégé en arts et sciences de la communication, il est aussi journaliste collaborant régulièrement au Département des relations extérieures et communication de l’Université de Liège et chroniqueur au trimestriel AideMémoire, périodique du Centre d’éducation à la résistance et à la citoyenneté.

    Dans sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), texte qui complète la fameuse Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, Olympe de Gouges écrit : « La femme a le droit de monter à l’échafaud. Elle doit avoir également le droit de monter à la tribune. »

    C’est que la Révolution française, tout en étant portée sur l’universel, a fait preuve d’une misogynie qui ne manque pas d’étonner de nos jours. D’où l’âpre combat mené par quantité de femmes, tout au long du XIXème siècle et dans la première moitié du XXème pour investir l’espace public et obtenir les mêmes droits, politiques en particulier, que les hommes.

    Ce n’est pourtant qu’au lendemain de 1945 qu’une brèche s’est ouverte dans la citadelle machiste. Pour se limiter à la seule Belgique, ces avancées ne sont pas si lointaines : droit de vote aux élections législatives par la loi de 1948, grève des ouvrières de la FN en 1966 avec comme revendication « A travail égal, salaire égal », dépénalisation partielle de l’avortement en 1990, etc… À quoi il convient d’ajouter l’immense liberté acquise par les femmes grâce à l’autorisation de la pilule et de la contraception en général (« Mère si je veux, quand je veux. »).

    Cette lutte féministe pour l’émancipation se poursuit, notamment avec le respect de la parité dans la représentation politique et les dénonciations des violences conjugales, de nature physique ou psychologique. Gare à la régression !!!! Les acquis récents sont remis en question et, à l’occasion de la journée du 8 mars, il est bon de se rappeler le chemin parcouru mais aussi celui qui reste à parcourir.

    La laïcité a grandement aidé à cette émancipation. N'oublions pas que les trois grandes religions monothéistes glorifient Dieu le Père et que, depuis plus de 4.000 ans, nous vivons dans une société patriarcale. Même si l’Occident s’oriente de plus en plus vers un modèle égalitaire, les stéréotypes ont la vie dure : la hiérarchie reste de mise, au nom des différences biologiques. Égaux et réunis dans une même humanité, c’est l’avenir. Et la laïcité est quasi une condition sine qua non, la liberté de penser, la liberté de disposer de son corps, la non-soumission à une autorité religieuse, … : autant de droits hérités directement ou indirectement des principes de laïcité.

    Venez nous rejoindre pour en parler et en débattre.

    Quand ? Le mardi 12 mars 2019 à 20h. Où ? Salle des Tréteaux, premier étage, rue de la Chinstrée à 4600 Visé Renseignements : 0477 / 78.34.79 ou laicité.vise@gmail.com

     

    JORIS Jean, Administrateur, Maison de la Laïcité.